31 mai 2008

Des étiquettes et de l'amour

Et après l'amour? Qu'y a-t-il?
Qu'y a-t-il au-delà de cette ligne franchie pour un couple qui s'est cherché dans le tumulte, qui s'est construit dans le chaos, les ruptures, les reconciliations? Le mariage? La vie quotidienne? L'appartement acheté en commun? Les enfants? La voiture dernier modèle?
Toutes ces questions se posent à Carrie Bradshaw dans le film "Sex and the city".
J'ai regardé la série pour la première fois en 1998. La série, pas encore très connue en France, était timidement diffusée sur Teva. Coup de coeur! Je m'y retrouvai totalement. Carrie, ses interrogations, ses petites amours, ses grands coups de coeur, sa quête perpetuelle, ses amies turbulentes...
Peu après est venu le succès que l'on connaît tous. Chaque homo a proclamé "je suis Carrie", "je suis Samantha", "je suis Charlotte", "je suis Miranda".
Ces personnages très intelligement écrits, vivaient des aventures auxquelles nous pouvions tous nous identifier.
Quid du film?
Pour moi, il s'agit d'un super grand épisode, qui ne trahit pas du tout la série et vient écrire une page fabuleuse de l'histoire des 4 new-yorkaises.

Carriedaway2

La magie opère dès le générique de début... New-York, Carrie, Samantha, Miranda, Charlotte, Big... Ah...J'en soupire d'aise encore.
Le film, pour moi, tient toutes ses promesses. Il a ses moments superficiels, ses moments drôlissimes, ses moments infiniment tristes, ses éclats et ses cachoteries féminines. Tout y est. Le rythme est soutenu pendant 2h25!
En plus, Ô luxe suprème, il possède des moments assez poétiques et je l'avoue, ma gorge s'est un peu serrée à certains moments.
Le film est une excellente comédie romantique. Si on en accepte les codes cela marche. Evidemment, si l'on n'est pas réceptif à ce genre, ça doit gonfler.
Toujours est-il, qu'en tant que grand fan de la série, je suis ressorti ravi et content. Ces 4 là m'ont tellement apporté par le passé (et m'ont sauvé d'une certaine façon) que je plaçais la barre de ce retour très très haut. Réussite!

En sortant, un vieux couple, 80 ans environ allaient entrer dans la salle...

Carriedaway1

27 mai 2008

"He was not mine"

C'est ce que déclare le personnage joué par Meryl Streep à la fin du film "Out of africa", de Sidney Pollack.

Merci à lui. Ses films vont me bercer longtemps encore et cette ferme africaine me hanter encore...Encore...

18 mai 2008

Deux jours à tuer

2jat1jpg

Quand nous avons deux jours à tuer, sans but aucun, sans motivation non plus, que faisons-nous? Nous n'envoyons certainement pas tout ballader. Nous ne disons pas "merde" au boulot", à notre moitié, à notre famille, aux amis et aux gens en général.
Nous nous trouvons une pseudo-occupation pour tuer ce temps en trop sans vraiment le savourer à sa juste valeur.
Or, c'est ce que fais Antoine, le héros du dernier film de Jean Becker (oui, oui, celui de "L'été meurtrier"). Il a tout pour lui : une situation professionnelle en or, une femme adorable, de beaux enfants, une belle maison. Et pourtant, il craque et va petit à petit, en quelques jours, tout détruire. Faire table rase de tout cela.
Le propos de l'histoire semble étonnant mais la fin vient lumineusement éclaircir le tout et donner à l'ensemble plus que de la cohérence, une émotion juste, fine et profonde.
J'aime quand m'emmène à un endroit en empruntant des sentiers originaux. En me trompant, en me détournant de l'évident (l'émotion lacrymale, les scènes "déchirantes" qui tirent en longueur"), ce film m'a captivé et m'a démontré que l'on pouvait merveilleusement servir son propos quand on ne se conforme pas à ce que l'on attend justement.
Albert Dupontel est fabuleux. Il ne joue pas de sa force naturelle et met en avant une retenue qui apporte à son "pétage de plomb" un côté raisonné, pensé, lucide extrêmement intelligent.
Je n'en dis pas plus, je ne veux pas vendre la mèche...

Pour ma part, je bavais devant l'écran lors de la scène au travail, où il ridiculise avec finesse et humour un client de son agence publicitaire. Aurai-je les couilles un jour de faire pareil? C'est un autre débat.


2jat2

04 mai 2008

J'aime utiliser tous mes crayons

Cette série qui m'a sauvé bien des fois, fait hurler de rire, ému souvent arrive au cinéma très bientôt...
J'ai hate.
Rien ne viendra brider mon plaisir : ni les précieuses qui dénigreront, ni les critiques qui démoliront.

Rien.

Enjoy.

A suivre...

08 mars 2008

Faire un voeux après la course aux trésors

Rassurez-vous, je n'en raconterai pas la fin. Cela vous priverait d'un immense plaisir. Lequel? Celui de pouvoir allez voir et découvrir le film espagnol "L'orphelinat", de Juan Antonio Bayona avec Belen Rueda.

Lop2

Décidément, les espagnols savent créer des ambiances pour concocter des films angoissants à souhait tout en apportant une autre dimension à celle de la peur.

Si vous avez aimez "Les autres" avec Nicole Kidman, vous serez touchés, je crois, par ce film, son ambiance, ses sons, ses couleurs, ses personnages, son histoire, sa musique...

L'histoire grosso-modo : Laura a passé son enfance dans un orphelinat, entourée d'autres enfants qu'elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils, Simon, avec l'intention de restaurer la vieille maison et d'en faire un centre accueillant des enfants handicapés. Mais la demeure recèle bien des mystères et des secrets auxquels, Simon va vite prendre part, entraînant sa mère dans ses pas.

Ce qui est plaisant dans ce film c'est qu'il peut se lire sur plusieurs niveaux : histoire fantastique, histoire familiale, conte. Tout fonctionne pour créer un ensemble harmonieux qui peut faire décoller le spectateur de son siège soit par terreur et suspens, soit par émotion et sentiments.

Les nombreux plans larges (notamment, la toute première scène qui ouvre le film. La scène de jeu "1  2  3, soleil" est édifiante à ce propos. Tout y est déjà et on frémit d'emblée.) apporte une aération à un genre de film qui d'habitude nous enferme et joue sur la claustrophobie. Pas de ça ici, la mer, l'île, le phare servent le propos de l'histoire et rajoute à l'abandon, à la solitude de la mère.

De plus, la bande son et la photographie sont des chefs d'oeuvre! Vous regardez une scène et vous entendez profusion de sons tout autour de vous dans la salle sans qu'ils soient présents sur l'écran! Un régal pour être mieux plongé au coeur du film.

Et que dire sur la chute du film? Rien, si ce n'est qu'elle est très émouvante et prend le contre pied de la production américaine notamment. Je n'en dis pas plus. Il n'y a pas de chute façon "6e sens" à chercher, c'est plus simple que ça et mille fois plus beau et émouvant.

En route!

Lop1

04 mars 2008

Quand on aime, il faut partir...

Elle est souvent la risée de tout le monde. On peut bien en rire, se moquer, lui jeter des pierres, moi, je reste fidèle et je l'aime toujours. Toujours. Plus elle avance en âge, plus elle embellie, plus elle me touche.

Elle?

Sophie Marceau.

Je vois d'ici un bon nombres d'yeux se lever vers le ciel! Non, non, ce serait trop injuste de jeter le bébé avec l'eau du bain. Il faut parfois mieux regarder, soupeser pour voir de quoi il s'agit et ne pas comdamner définitivement.

Petit rappel des faits : Sophie Marceau, qui n'en est plus à une incartade près, a donc quité, avant qu'il ne commence, le journal de 20h00, hier soir, de TF1 parce que Le Pen y était invité tout comme elle. Scandale dans le micro-monde médiatique parisien!! Et pourtant...

Je dis déjà "bravo" d'avoir oser quiter la grand-messe (grand-merde plutôt...) de TF1. Qu'allait-elle déjà faire dans cette galère? Elle a du cran (de l'inconscience?) de dire "merde" au média qui lui permettait pourtant de toucher un très grand nombre de spectateurs potentiels pour son film "Les femmes de l'ombre". Elle a agit avec son coeur, son sang, comme à son habitude, sans plus réfléchir que ça. Pourtant, en présentant un tel film avec un tel sujet (la résistance française), elle aurait pu avec infiniment plus de subtilité non pas tenir tête directement à Le Pen, mais démontrer quelles valeurs ont été à l'origine de la Résitance et souhaiter leur existence encore, de nos jours, contre toute tentative liberticide de quelque genre que ce soit. Mais non! C'est Sophie, ça. Entière, pas toujours très futée, mais prompte à agir et à réagir. Et ce, devant tout le monde. Alors son comportement la dessert forcément. On ne voit qu'une chose : une attitude capricieuse là où il n'y avait qu'un avis mal exprimé.

Autre petit rappel des faits : la dame n'en était pas à son premier coup d'éclat. Lorsqu'elle avait dû faire la promotion du film "Marquise"de Vera Balmont en 1997, elle ne s'était pas pliée à l'exercice. Pourquoi? Pretexte ou excuse sincère, une mésentente avec la réalisatrice et le résultat filmé étaient la cause de sa désaffection! Bien accroché à son tempérament Sophie!

Cannes, 1999, Sophie est en plein décalage moral avec le festival. Elle plaide la cause d'enfants malades et se prend les pieds dans le tapis. Résultat : un énoooorme moment de solitude, une honte infinie, une incompréhension de plus pour la profession et le public et des visionnages mutlitples sur youtube des années plus tard... Pourtant, la cause était noble et l'intention sincère. Mais, traqueuse, déboussolée, elle n'avait pas su faire passer son message. "Maladresse" devrait être son deuxième prénom (et je passe sous silence la robe dévoilant, en 2005, son joli sein sur le tapis rouge à Cannes).

Et pourtant, je la trouve toujours attachante, bonne actrice (preuves : Police, La Boum, Pour Sacha, Anthony Zimmer, Fanfan). Elle a une grâce infinie, une beauté, une fraicheur qui fait que la voir sur un écran est, à mes humbes yeux, toujours un régal. Elle se regarde trop jouer et penser parfois, c'est vrai, mais qu'à cela ne tienne! Elle reste. Elle continue. Et ça, cela me touche!! Cela me touche les survivants de tous bords, de tous poils. Alors, je comprends qu'on se moque d'elle, que l'on ne prenne pas son travail au sérieux. Pourtant, elle reste populaire. La réalisation de ce mystère ne repose pas sur du vent. Pas plus de 20 ans après La Boum... Alors?

Je ne sais pas, mais quand je regarde Pour Sacha, mon film préféré d'elle, elle me touche et me revient toujours cette jolie phrase, qui pourrait s'appliquer à son caractère bien trempé et à beaucoup de situation de la vie : "Quand on aime, il faut partir..."

Smsm

22 février 2008

Get carried away (2)

Ca se précise... Voici la bande-annonce du film.

Vivement la fin du mois de mai.

Hello, gorgeous!

19 janvier 2008

"Je leur ai offert le bonheur qu'ils méritaient..."

Les films qui réussissent à faire naître une petite boule dans ma gorge ne sont pas légion. "Reviens-moi" y est parvenu.

Atnmt1

Décrit par les critiques comme étant "Le patient anglais" version 2008, ce film romantique à souhait n'est cependant en rien comparable. Pas le même endroit, pas tout à fait la même époque. Cependant, on le devine, la même histoire d'amour contrariée en constitue la base.

Je me demande toujours si, à mon âge, une histoire d'amour peut encore m'emporter dans son sillage. Est-ce qu'un destin amoureux tragique peut-il encore me toucher? Oui, oui et oui!! J'ai beau semblé être midinette sur ce coup là, je l'assume parfaitement. C'est que dans ces instants là, je ne raisone plus avec ma tête.

L'histoire se déroule en Angleterre de 1935 à 1940, à la veille de la Seconde guerre mondiale et raconte une histoire d'amour entre Cécilia (pitié pas de référence à S. dans les commentaires, please...) et Robbie. Ils n'ont pas la même condition sociale mais s'aiment sincèrement et profondément. La jeune soeur de Cécilia, Briony, jeune fille fantasque à la vocation d'écrivain va pourtant porter des accusations sur l'amant de sa soeur et ainsi sceller défintivement leurs trois destins.

L'histoire d'amour pourrait sembler banale, mais ce qui fait la force du film ici réside dans la façon dont est construite la narration. Tout en déconstruction justement et on assiste à des scènes en réalisant, après coup, qu'elles n'ont jamais réellement existé ailleurs que dans l'imagination de Briony. Mais, talent ou génie, la chute du film nous le montre bien d'ailleurs, ces scènes inventées apportent énormément à la progression de l'histoire. C'est subtil et percutant.

Ce film contient, à mon humble avis, l'un des plus fabuleux plans-séquences de l'histoire du cinéma : l'arrivée sur la plage française et la découverte des troupes anglaises en pleine débacle est d'une poésie immense. Et la vision du jeune héros devant l'écran de cinéma qui diffuse la scène de Quai des brumes où Jean Gabin déclare à Michelle Morgan qu'elle a "des beaux yeux, tu sais!" est magnifique et en dit plus que tout un long discours sur sa situation personnelle.

Enfin, la fin ou les fins, selon son propre point de vue, enlève définitivement ce film pour l'aider à se ranger parmi ces films qui me touchent et me toucheront encore dans quelques années. Keira Knightley et James McAvoy forment un couple attachant et crédible. Le poids de la culpabilité, le fait de ne jamais pouvoir corriger une erreur de toute sa vie sont filmés ici avec sobriété et joliesse.

Comme j'ai aimé cette fin...

Atnmt2

11 janvier 2008

L'esprit de la forêt

Cours, cours, le long de mon dos,

joli frisson,

Frémis, frémis sur ma peau

belle émotion.

Que je t'emporte avec moi à tout jamais

depuis ce jour où tu t'es révélée.

04 janvier 2008

Actrices

Première "poilade" cinématographique de 2008!

C'est enfin arrivé puisque je suis allé voir Actrices, réalisé par Valéria-Bruni Tedeschi avec la précitée dans le rôle principal. L'histoire raconte les angoisses d'une actrice de 40 qui, alors qu'elle doit jouer au théâtre (des Amandiers, forcément...) Un mois à la campagne de Tourguéniev, doit faire face à une soudaine prise de conscience des manques de sa vie : maternité, amour, capacité à communiquer avec les autres.

J'avais bien aimé son premier film, Il est plus facile pour un chameau, car j'y trouvais un certaine folie. Et moi, j'aime bien les gens barés, qui ne rentrent pas dans le moule, qui osent aller titiller les limites du système. Je trouve à cette actrice une lucidité sur sa folie assez impressionnante! Et cela se retrouve dans ce dernier film. L'héroïne, Marcelline, à laquelle on peut clairement identifier Valéria sans trop se tromper, est en crise. Cette crise l'amène à des moments de folie douce qui peuvent apparaître soit effarants sur grand écran, soit complétement drôles mais à prendre au 36e degré. C'est pour cela qu'à mon avis, les gens n'aimeront pas.

Il faut dire qu'il y a des scènes d'anthologie. Celle où, au théâtre, après une représentation, Marcelline va voir un comédien dans sa loge et lui demande de se remettre à puer des pieds pour qu'elle puisse jouer le bohneur à nouveau sur scène est hilarante d'absurdité. Et il y a des perles comme ça tout le long du film.

Pour autant, derrière cette folie, se dissimulent souvent un malaise (la crise de la femme qui n'a pas d'enfant, qui est étouffée par sa mère, qui doute de son talent) qui sonne juste et qui empêche le film de tomber dans l'absurdité totale dans lequel il baignerait sinon. Chaque moment de folie (par exemple, la scène où devant une église, elle demande à un prêtre au look défroqué de lui faire un enfant) est justifié par un manque dans sa vie flagrant.

J'ai à la fois aimé et destesté ce film. Détesté car il a le défaut d'être un peu mou parfois et de s'écouter parler. Trop concentré sur un seul nombril, celui de l'héroïne-actrice-réalisatrice, le film aurait gagné en souffle, en ampleur, en aération s'il y avait parfois des scènes plus en recul de l'histoire; nous permettant alors, à nous spectateurs, de comprendre mieux les incertitudes, les failles des personnages.

J'ai aimé parce qu'il faut oser montrer cette folie, cette incapacité à vivre avec autant de naturel. C'est culoté et rafraichissant! Et puis, la réalisatrice met superbement bien en scène la fabrication de la pièce de théâtre (une idée originale qui marche très bien est celle de faire vivre par Valéria Golino, le personnage jouée dans la pièce par Marcelline) et décortique bien le processus de création artistique, son narcissisme et ses limites.

A voir, si vraiment on aime ce genre d'histoire (mais ce n'est que mon humble avis).

Actri