Notre art célèbre du désamour
Je suis extrêmement heureux que Marion Cotillard ait gagné l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans La Môme. A mon humble avis, cette série de prix accumulés est amplement méritée et pour une fois, vient en même temps couronner une performance artistique certaine tout en lui donnant un fabuleux coup de pouce pour la suite de sa carrière.
Mais c'est là que le plus dur sera pour elle : durer. Je ne suis pas devin, mais je sens déjà un énorme retour de bâton pour la donzelle. Elle n'est même pas simplement "attendue au tournant" pour ses prochains films, elle est "déjà" tombée dans le ravin pour beaucoup. Elle sera jugée négativement quoiqu'elle fasse et j'ai peur que ce rôle et surtout la consécration internationale qu'elle lui a attirée, ne la condamnent piteusement aux yeux des français et du cinéma français. Car c'est bien connu, on ne peut pas tout avoir chez nous : la beauté, le talent et le succès. On va jouer les fines bouches et dire "Mouais...Ca vaut pas la Môme". Je la plains sincèrement car la pression qui repose sur ses épaules sera très lourde et il lui faudra une sacrée chance pour passer au travers des coups qui se profilent à l'horizon pour elle. Les années à venir me diront si je me suis trompé.
Autre désamour actuel, mais celui-ci est bien tangible : celui qui tombe sur notre président national. Je ne vais pas pleurer sur lui et encore moins le plaindre ou défendre son (in)action et son comportement car ce serait lui donner trop d'importance. Mais je remarque dans ce grand désamour dont il fait les frais actuellement, un curieux revers de fortune qu'il n'a pas dû voir venir. Ce que je ne comprends vraiment pas, c'est qu'il a été élu par une large majorité de français et que maintenant, il n'est quasiment plus rien à leurs yeux. Alors quoi? Nous brûlons sur l'autel de nos petits besoins ce que nous avons adorés et portés haut la veille avec une vitesse, une inconstance qui me fait froid dans le dos. Est-ce vraiment notre nature? Nous soutenons un jour pour lacher le lendemain? Je n'arrive pas du tout à me résoudre à de tels comportements. Je ne suis pas comme ça.
Je sens venir un certain désamour pour Hard Candy, le prochain album de Madonna. Pourquoi? Parce que pour certains elle va diffuser une musique plus R&B/Urban qu'à l'accoutumée. Je devine déjà les critiques aiguisées qui l'attendent sournoisement après le succès de Confessions on a dancefloor. La musique pourra être bonne (ou pas, après tout, personne n'a rien entendu encore), elle sera lapidée en place publique. Pourquoi? Parce que c'est une femme qui a du succès depuis 25 ans. Parce qu'elle a 50 ans et qu'elle l'ouvre toujours. Parce qu'elle n'est pas à la place où l'on mettrait une artiste féminine de cet âge, de ce genre. J'ai vu pas mal de yeux se lever au ciel en apprenant qu'elle allait travailler avec Timbaland et Timberlake. Lu pas mal de commentaires poignants déclarant "Comment peut-elle? C'est fini, je n'acheterai pas son album!".
Nous désaimons à vitesse grand V. Nous ne sommes pas logiques. Nous détruisons en une seconde ce que l'on aura mis des jour à construire.Par caprice. Nous zappons, changeons, dévions plus vite que la lumière! Pouvons-nous être fidèles, constants et l'assumer? Cela demande-t-il vraiment du courage?
Je ne sais pas. Mais pour ma part, quand j'aime, généralement, c'est pour longtemps. Peu m'importe les erreurs, les choses qui me touchent moins. Un parcours fait de hauts et de bas me semble mille fois plus attachant. Je ne me défaits jamais totalement de ce que j'ai aimé un jour...







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