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février 2008

28 février 2008

Notre art célèbre du désamour

Je suis extrêmement heureux que Marion Cotillard ait gagné l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans La Môme. A mon humble avis, cette série de prix accumulés est amplement méritée et pour une fois, vient en même temps couronner une performance artistique certaine tout en lui donnant un fabuleux coup de pouce pour la suite de sa carrière.

Mais c'est là que le plus dur sera pour elle : durer. Je ne suis pas devin, mais je sens déjà un énorme retour de bâton pour la donzelle. Elle n'est même pas simplement "attendue au tournant" pour ses prochains films, elle est "déjà" tombée dans le ravin pour beaucoup. Elle sera jugée négativement quoiqu'elle fasse et j'ai peur que ce rôle et surtout la consécration internationale qu'elle lui a attirée, ne la condamnent piteusement aux yeux des français et du cinéma français. Car c'est bien connu, on ne peut pas tout avoir chez nous : la beauté, le talent et le succès. On va jouer les fines bouches et dire "Mouais...Ca vaut pas la Môme". Je la plains sincèrement car la pression qui repose sur ses épaules sera très lourde et il lui faudra une sacrée chance pour passer au travers des coups qui se profilent à l'horizon pour elle. Les années à venir me diront si je me suis trompé.

Autre désamour actuel, mais celui-ci est bien tangible : celui qui tombe sur notre président national. Je ne vais pas pleurer sur lui et encore moins le plaindre ou défendre son (in)action et son comportement car ce serait lui donner trop d'importance. Mais je remarque dans ce grand désamour dont il fait les frais actuellement, un curieux revers de fortune qu'il n'a pas dû voir venir. Ce que je ne comprends vraiment pas, c'est qu'il a été élu par une large majorité de français et que maintenant, il n'est quasiment plus rien à leurs yeux. Alors quoi? Nous brûlons sur l'autel de nos petits besoins ce que nous avons adorés et portés haut la veille avec une vitesse, une inconstance qui me fait froid dans le dos. Est-ce vraiment notre nature? Nous soutenons un jour pour lacher le lendemain? Je n'arrive pas du tout à me résoudre à de tels comportements. Je ne suis pas comme ça.

Je sens venir un certain désamour pour Hard Candy, le prochain album de Madonna. Pourquoi? Parce que pour certains elle va diffuser une musique plus R&B/Urban qu'à l'accoutumée. Je devine déjà les critiques aiguisées qui l'attendent sournoisement après le succès de Confessions on a dancefloor. La musique pourra être bonne (ou pas, après tout, personne n'a rien entendu encore), elle sera lapidée en place publique. Pourquoi? Parce que c'est une femme qui a du succès depuis 25 ans. Parce qu'elle a 50 ans et qu'elle l'ouvre toujours. Parce qu'elle n'est pas à la place où l'on mettrait une artiste féminine de cet âge, de ce genre. J'ai vu pas mal de yeux se lever au ciel en apprenant qu'elle allait travailler avec Timbaland et Timberlake. Lu pas mal de commentaires poignants déclarant "Comment peut-elle? C'est fini, je n'acheterai pas son album!".

Nous désaimons à vitesse grand V. Nous ne sommes pas logiques. Nous détruisons en une seconde ce que l'on aura mis des jour à construire.Par caprice. Nous zappons, changeons, dévions plus vite que la lumière! Pouvons-nous être fidèles, constants et l'assumer? Cela demande-t-il vraiment du courage?

Je ne sais pas. Mais pour ma part, quand j'aime, généralement, c'est pour longtemps. Peu m'importe les erreurs, les choses qui me touchent moins. Un parcours fait de hauts et de bas me semble mille fois plus attachant. Je ne me défaits jamais totalement de ce que j'ai aimé un jour...

Mco

27 février 2008

Do you like "Hard Candy" ?

Voilà !
Le nouvel album de Madonna s'appellera :

Hard candy


Plein de possibilités, non?
J'en vois plein déjà ....

25 février 2008

"Tout ne faisait que commencer"

Telle est la dernière phrase du très étrange, très déconcertant et très bon roman Ubik, de Philip K. Dick.

Je ne suis pas un spécialiste de cet auteur. C'est même le premier livre que je lis de lui. Pour autant, j'aime souvent la science-fiction (le cycle "Hypérion" de Dan Simmons reste pour moi culte et à lectures répétables à l'infini) mais je n'avais encore jamais abordé l'oeuvre de celui que beaucoup considèrent comme un maître du genre. Je me méfie toujours des étiquettes et des appellations contrôlées. Pourtant, pour ce livre là, je n'ai pas été déçu.

Réussir à mélanger avec finesse, roublardise, et suspens ces histoires dont les thèmes abordent la mort, la vie, notre rapport avec l'espace et le temps n'est pas donné au premier venu. L'auteur y parvient totalement.

J'aurai beaucoup de mal à résumer l'histoire, à en dégager l'essentielle essence. Que dire? En 1992 (le futur donc, car le livre a été écrit en 1969), les hommes ont des pouvoirs "psy". D'autres hommes ont quand à eux des pouvoirs spécifiques pour les contrer. Engagé au sein d'une grande société, façon multinationale des télépathes, un groupe d'hommes et de femmes aux talents divers est victime d'un attentat sur la Lune. Dès lors, tous les repères classiques d'une histoire normale volent en éclat les uns à la suite des autres : l'espace (où se déroule vraiment l'action? Dans une ville définie ou dans l'imagination des héros?), le temps (à quelle époque se déroule vraiment l'histoire?) et les personnages (Qui est véritablement le héros central du livre? Qui est réellement vivant et qui est réellement mort?).

Plus on entre dans le livre, plus on se pose de questions. C'est là que réside le charme fou du livre à mon avis. Je ne peux rien dire sur la fin évidemment mais la "morale" qui s'en dégage me plait assez : les apparences ne sont jamais ce qu'elles sont et le bien et le mal, s'ils s'affrontent, peuvent aussi au final servir la même cause. Et cette prouesse se réalise sans jamais perdre le lecteur (ça arrive dans d'autres livres de SF parfois...)

Philip K. Dick évoque le futur comme on pouvait sans doute l'imaginer dans les années 60. L'aspect technologique est au premier plan. L'homme construit, élabore, invente des appareils, des engins de toute sorte. Il évolue au milieu d'une technologie très robotisée. Cette vision s'éloigne de celle que peuvent avoir certains auteurs de SF actuellement qui abordent, souvent, le futur sous un angle plus "spirituel", plus "métaphysique".

Une lecture enrichissante car ce livre en parlant du futur nous ramène à notre passé et à la façon dont nous en subissons les conséquences. Cela m'a donné envie d'essayer de lire d'autres livres de Philip K. Dick (message à un certain Ubik : je sais maintenant d'où tu viens et à quoi tu sers!)

Ubi  

22 février 2008

Get carried away (2)

Ca se précise... Voici la bande-annonce du film.

Vivement la fin du mois de mai.

Hello, gorgeous!

21 février 2008

J'avais un début...

Un début.

Pour moi, aucun autre mot ne contient autant que celui-ci. Le début.

Mot délicat, promesse d'espoirs qu'il faudra tenir par la suite, le début de quelque chose me laisse toujours avide, me fait saliver à l'envie... Rien ne m'ouvre plus l'esprit qu'un début. Un début de livre, un début de film, un début d'histoire, un début de chanson.

S'il est magique, s'il me surprend, s'il m'interroge, il m'emporte où il veut. Loin, très loin, si loin...

Parfois, juste quelques mots simples suffisent à me faire décoler. Le meilleur exemple qui me vienne à l'esprit, c'est le début du film et du livre "Out of Africa"/"La ferme africaine" de Karen Blixen. Cette histoire continue de m'émouvoir comme si j'avais 10 ans. Pourquoi la toute première image, la toute première phrase est-elle restée si longtemps dans ma mémoire?

"J'avais une ferme en Afrique, aux pieds des collines Ngong..."

Quelle magie!

C'est une véritable invitation au voyage, à l'aventure, à l'amour. Tout est contenu dans ces mots de débuts. Ils annoncent le dépaysement. L'emploi de l'imparfait amène à penser que la possession de cette ferme en Afrique est révolue. Et de là, l'imagination commence à galoper : pourquoi? Comment cela s'es-il passé? La route a-t-elle été rude? Oui, un joli début annonce tout et peut me cueillir littéralement!

La première et la dernière phrase d'un livre sont des choses importantes pour moi. Comme deux pierres jetées sur le sol qui serviraient de balises. Le début, la fin. Ce qui s'est passé entre le deux n'a pas tant d'importance que ça. J'aime que l'on me promette ce parcours.

Le début est un sourire esquissé, une invitation lumineuse. Il faut savoir y répondre.

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20 février 2008

Une signature anodine

Parch1

Ces jours du coeur de février sont des jours bien remplis, fous, accélérés, pleins, débordants...Que sais-je encore?

Je suis plongée au coeur d'une folie trépidante mélant des ingrédients fortement épicés et à haute teneur d'énergie débitée : le travail, le travail, le chevalier F malade, le poney Milo qu'il faut bien prendre en compte, le sport (ben oui!), les donjons respectifs à tenir en état, les courses diverses... Je ne vois pas ces jours-ci passer.

Je passe sous silence la folie féminine du travail. L'inconvénient (ou l'avantage, tout dépend...) quand on baigne toute la journée dans un environnement professionnel à 90% féminin, c'est que la tentation de la gourmandise est présente quasiment tout le temps. En voilà une qui ramène des oreillettes, une autres un fondant au chocolat, une autre des chips, une autre des biscuits au chocolat. Bon, moi pour ne pas trop jurer dans le tableau général, je ramène mon lot de calories sucrées : des canelés. Ah, elles peuvent être intensives les séances de sport après tout ça. Mais je dois être celui qui mange le moins de la clique. Arriver au travail et commencer à grignoter à 8h30 le matin, ça m'est parfaitement impossible! Un reste d'habitude (ou d'hygiène?) militaire sans doute... Je déjeune correctement chez moi. Alors, arrivé au boulot, je ne peux rien mettre dans ma bouche. Rien. Elles, si! Elles le peuvent les ogresses, tout en discourant sur tel ou tel sujet plus ou moins profond. Et c'est ça toute la sainte journée.

Evidemment, à côté de ça, il y a le travail que j'arrive péniblement à faire entre deux bavardages, deux discussions tenues avec une telle passée dans mon bureau histoire de trouver une oreille compatissante ou un écho à la dernière blague. Je continue de m'adapter, croyez-moi.

Et pendant ce temps là, mon chevalier qui roupille dans son donjon, plongé dans un quasi-coma grippal qui le frappe sévèrement ces jours-ci. Le pire de la crise est passée, il faut juste qu'il reprenne des forces. Je crois, lucidement, que nous n'irons pas aux crazyvores ce week-end. Dommage. Mais la santé passe avant tout.

J'aimerai savoir quel est le tout premier être humain qui a signé en bas de la feuille, pensant naïvement qu'il s'agissait d'un paraphe anodin, où il était écrit : "Toi, Homme, tu travailleras 10 heures pas jours, tu connaîtras le stress, l'humilitation. Tu passeras ton temps dans les transports, quels qu'ils soient, pour aller gagner quelques misérables sommes pour te loger, te nourrir et accessoirement avoir accès à certains plaisirs!". Oui, il est où ce con?? Parce que ces jours-ci, j'aurai bien une ou deux choses à lui souffler dans sa gueule de con!!

Enfin, je ne me plains pas, mais j'aimerai savoir, sincèrement, à quel âge on ne cours plus après les choses de la vie? Je suis candide, je le sais. 

Mais tant que je trouve le temps d'écrire ici et ailleurs, tout va bien. Je reste le plus heureux des chevaliers. Toujours prêt à guerroyer! Croyez-moi, quand vous tomberez épuisés, je serai encore debout!

17 février 2008

Le retour du lutin?

Oh joie!

Je le fais rarement, mais je le fais quand même. Il n'a pas besoin de pub, mais il est de retour.

Qui ça? Lui, le lutin des blogs (si je puis me permettre) : Orpheus.

La chanteuse aux pieds nus

Grâce à monsieur Beausourire (merci pour le cadeau), j'ai eu la joie d'aller à la Cigale, hier soir, voir la toute dernière date de la tournée de Zazie. Accompagné de mon chevalier, je partais plutôt curieux, sans trop d'enthousiasme, ni trop d'attentes, de peur d'être déçu. Et oui, quand on aime un artiste, on place souvent la barre trop haut et au final on est souvent désapointé car nos attentes n'ont pas été comblées.

Je n'ai pas été très fan du dernier album Totem que je trouvais répétitif, long et quelque peu ennuyeux. Même avec quelques très bons titres dessus (Des rails, Je suis un homme, Totem), l'ensemble ne décollait pas, ne fonctionnait pas. Heureusement, quand on aime une artiste qui à plus de longévité qu'une simple saison de star ac', on l'aime pour toute son oeuvre. On l'aime sur la distance, quand ses chansons tiennent le coup, vieillissent bien. Quand une oeuvre réalisée il y a des années continue de nourrir notre imaginaire, nos sentiments. C'est le cas pour moi de Zazie. Il y a des chansons qui m'ont énormément touché, qui ont réussi l'exploit de m'émouvoir jusqu' aux larmes et que je continue de trimbaler avec joie et grâce dans mon juke-box intime. Alors, ça n'était pas un album en demi-teinte qui allait me faire faire demi-tour. Je ne suis pas comme ça avec ceux que j'aime. Je suis fidèle et les choses qui me touchent moins ne me font pas entrer en désamour.

J'avais adoré Zazie au Bataclan, salle intimiste, spectacle coloré, drôle et touchant. J'y repense souvent toutes ces années après. Je n'avais pas aimé du tout Zazie à Bercy. La salle la dévorait et la laissait baigner dans une froideur, une distance qui, à mon avis, ne lui vont pas du tout, ne collent pas à ces chansons, à son propos. Alors la Cigale, je me léchais un peu les babines à l'avance. Allais-je enfin retrouvé la Zazie que j'aimais?

Oui! Et comment!

Bien placé en fosse, j'ai cet avantage (pour une fois où j'en ai un) de pouvoir dépasser pas mal de monde d'une tête (ou deux pour certain(es)). J'avais une vue imprennable sur la chanteuse. Je voyais ses yeux, son sourire et avait l'illusion de croire que, parfois, elle me voyait vraiment. Rajouté au fait qu'elle a chanté exactement les chansons que j'aime d'elle, celles qui me touchent, me font voyager (rodeo, j'envoie valser, tous des anges, oui, au diable nos adieux, si j'étais moi, on éteint...), qu'elle a abordé cette toute dernière date de sa longue tournée avec beaucoup d'humour, d'accessibilité (elle agit et réagit à ce que lui dit le public) et énergie; tout cela m'a fait décoler du sol littéralement. Elle a beau avoir ce tic que l'on retrouve à chaque concert quasiment :chanter pieds nus, elle reste une ballerine à part dans la chanson française. Je l'aime pour son audace polie et sa malice hautaine parfois, mais elle reste l'une des seules dont j'attends chaque album en me disant "comment va être la suite?".

Zaz_2

14 février 2008

Je ne parle pas français

La petite bombe pop du moment.

Plus j'écoute, plus j'aime. C'est léger, sucré, rythmé, putassier, gay. J'aime!!!

A vous!

Girls aloud - Can't speak french.

13 février 2008

La parade des vieux jours

Je ne sais pas où je serai à l'âge de 90 ans, ni même si je réussirai à les atteindre, mais je sais que je serai sans doute toujours le même. Juste une version un peu plus racornie, vieillie... Mais certains éléments qui me constituent seront toujours présents; je serai toujours homo, toujours plus ou moins autiste, toujours autant gourmand de chocolat. Même à 90 ans.

Alors cette idée de maison de retraite gay que j'ai découverte dans un article de Libé aujourd'hui m'a fait sourire au premier abord, puis réflechir un peu plus en profondeur... Nous qui considérons déjà que 35 ans est l'âge critique, celui du non-retour, celui où l'on est censé perdre tout simplement les droits d'accès à la culture homo (sexe, fun, fashion...), se projeter plus de 40 ans dans le futur relève carrément de la science fiction. Et pourtant...

Je finirai bien par veillir comme tout être humain plus ou moins normalement constitué. Je finirai bien, un jour, par ne plus pouvoir marcher, ne plus pouvoir m'auto-suffire. Je serai un jour grabataire. Je n'envisage pas cette phase avec amertume, tristesse ou désolation. Il y a longtemps que j'ai accepté une chose ou deux de la vie, dont celle-ci : vieillir. Mais ce qui me préocupe réside plus dans la possibilité de pouvoir continuer à être alors la même personne. Un chevalier (en fin de croisade) homo qui ne finirait pas tout à fait tout seul.

Alors, je trouve que l'idée de cette maison de retraite à Berlin avec une partie réservée aux homos et aux lesbiennes est infiniment touchante car elle permet à bon nombre de personnes (qui pour la plupart n'ont jamais connu les libertés dont nous jouissons actuellement) de pouvoir vivre leurs vieux jours en harmonie avec leurs orientations sexuelles. La peur, le fait de devoir mentir ou de se cacher, tout cela est enfin abandonné et les jours qui restent possèdent alors un doux parfum de paix intérieure. Oui, à 90 ans on peut être homo, vivre ou cotoyer des personnes comme nous et continuer de partager.

Bien sur, il me faudra un programme spécial! En 2063, j'adorerai que les Mylène, les Madonna, les Bjork, les Kate Bush fassent le tour des maisons de retraite gays pour emballer les pacemakers! J'adorerai que les anniversaires soient l'occasion d'invitation de gogodancers provenant de Mars et qu'ils créent dans les maisons de retraite des espaces backrooms adaptés! Mais je délire...

Il y a une jolie chanson dont un passage me revient alors à l'esprit :

"Like a fountain of gold you can never grow old
Where dreams are made, your love parade..."

L'or en nous ne vieillit-il vraiment jamais?