Il y a des livres qui sont comme des trésors. Parfois, ils semblent briller de loin et l'on se dit alors que cela va être formidable de pouvoir plonger en ses pages. Souvent, on s'y noie et ils ne s'agit pas de trésors mais de moments de divertissement. C'est déjà ça.
Je viens d'achever la lecture d'un petit trésor...Un vrai.
L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery.
Bien sur, le livre se vend comme des petits pains. Maintenant que je l'ai terminé, je sais pourquoi. Mais ca n'est pas ça qui compte pour moi. Ca n'est pas au nombre de ventes que j'apprécie une oeuvre. Peu m'importe! J'ai l'émotion bien souvent solitaire pour me contenter de n'être que le seul à voir la lumière dans un livre, une musique, un film, une peinture...
Et quel plaisir j'ai eu à découvrir cette histoire de vie, de philosophie, de zen, de lutte de classes, de littérature russe, de fleurs, de solitude, de mort aussi.
Ce livre contient bon nombre de réponses aux questions qui viennent souvent frapper mon esprit tortueux. Enfin, des réponses, c'est peut-être un grand mot, mais du moins des propositions de chemins à emprunter.
extrait :
"Quelle est cette guerre que nous menons, dans l'évidence de notre défaite? Matin après matin, harassés déjà de toutes ces batailles qui viennent, nous reconduisons l'effroi du quotidien, ce couloir sans fin qui, aux heures dernières, vaudra destin d'avoir été si longuement arpenté. Oui, mon ange, voici le quotidien : maussade, vide et submergé de peine. Les allées de l'enfer n'y sont point étrangères; on y verse un jour d'être resté là trop longtemps."
Ce livre raconte, dans un immeuble chic du 7e arrondissement, les destins parrallèles de Paloma, 12 ans, fille d'une famille riche, qui envisage de se suicider avant la fin de son année scolaire et de Renée,54 ans, concierge-veuve taciturne du même immeuble.
Ce qu'il y a de beau dans cette histoire, c'est la magie qui fait que deux droites parrallèles peuvent finir par se croiser, et permuter.
L'auteur écrit si bien, son français est si pur que sa lecture nourrit d'adjectifs subtils, de verbes soutenus, de noms inusités, de pronoms dissimulés. La phrase y est poétique, et le ton toujours ironique et interrogatif. Un régal.
"La vraie nouveauté, c'est ce qui ne vieillit pas, malgré le temps.
Le camélia sur la mousse du temple, le violet des monts de Kyoto, une tasse de porcelaine bleue, cette éclosion de beauté pure au coeur des passions éphémères, n'est-ce pas ce à quoi nous aspirons tous? Et ce que nous autres, civilisations de l'Ouest, ne savons atteindre?
La contemplation de l'éternité dans le mouvement même de la vie"
Bonne lecture.
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